
2009 Daniel Olson

Projet
Empire Studio
Daniel Olson est un artiste du déplacement. Ce terme est à prendre dans plusieurs sens : l’artiste se déplace dans l’espace pendant ses performances; de plus, il change la signification des objets ou des mots dont il se sert dans ses interventions artistiques. Cet été, il se promène dans les chemins du Symposium avec son atelier portatif, vêtu d’un costume trois-pièces de lin blanc dont l’époque précise est difficile à situer. Ce personnage, inventé de toutes pièces, c’est « Monsieur ». Cet homme énigmatique et élégant avec sa canne et son chapeau s’est déjà promené dans d’autres sentiers, ceux-là plus urbains. Il évoque les premières décennies du XXe siècle, ce qui en soi est chargé d’une dose de nostalgie : celle d’une époque que nous pensons être moins troublée que la nôtre.
Son atelier portatif s’inspire des peintres de la fin du XIXe siècle, ceux qui les premiers sont allés peindre « sur le motif », c’est-à-dire qu’ils emmenaient tout leur attirail pour travailler en plein air. Mais au lieu de pinceaux, de couleurs et de toiles, on y trouve la version moderne de l’atelier idéal selon Daniel : bureau portatif, bibliothèque, bar, fumoir et espace de rangement.
Pour chacun de ses collègues artistes, Daniel a préparé une courte performance, dont une trace photographique est installée près de chacune des œuvres. Il y chante une chanson tirée du répertoire populaire ou dit un poème de sa fabrication, emprunté à un autre auteur et trafiqué d’une quelconque manière. Utilisant souvent un bricolage technique, stylo amplifié par un micro ou porte-voix relié à un ukulélé, il complique volontairement ses actions et joue sur les registres du savant et du populaire pour déjouer les codes et créer un effet de surprise comique.
Pascale Beaudet, commissaire




